L’histoire du Bichon Maltais

Des origines très anciennes

La race bichon maltais blanc n’est certes pas la plus représentée des bichons, qui sont au nombre de quatre, mais on ne saurait nier son ancienneté. C’est en Égypte, dans une tombe datant de la XIXe dynastie, que fut mise au jour une statuette représentant un chien, dont l’allure est en tout point celle du bichon. Petit, crâne plat, truffe arrondies, yeux ronds, oreilles tombantes, membres antérieurs bien d’aplomb… A l’unanimité, les spécialistes reconnaîtront le chien bichon, dont la sculpture montre, de surcroît, le poil abondant. Mais le bichon n’est pas confiné au pays des Pharaons.

Sous la plume d’Aristote

On le rencontre également en Grèce. Au IVe siècle avant J.-C., c’est sous la plume d’Aristote qu’il est évoqué. En effet, il s’inscrit dans la nomenclature des chiens, élaborée par Aristote (384-322 avant J.-C.). On imagine l’importance de ce joli canidé auprès des Anciens. Le disciple de Platon place le chien bichon dans la catégorie des canes melitenses, qui correspondait aujourd’hui à nos chiens d’agrément, C’est-à-dire les petits chien de compagnie. C’est ainsi que le philosophe Aristote, qui c’est consacré à l’observation de la nature, des hommes, de leurs cités, accorde de l’importance au mignon bichon maltais blanc.

A Rome

Nul n’est indifférent à cet agréable compagnon originaire des régions méditerranéennes. Il a également le vent en poupe dans la Rome antique. C’est en effet le chien favori des matrones. Le géographe grec Strabon (58 avant J.-C.-21 après J.-C.) fait les éloges de la race bichon maltais blanc. L’histoire n’oubliera pas le petit chien blanc, et l’art, à l’époque de la Renaissance, va s’en inspirer. Puis, on note sa présence dans les œuvres de Rubens et de Goya. Notons qu’il est toujours en galante compagnie, auprès des belles dames de l’époque, qui apprécient la fourrure douce et abondante du chien bichon maltais. Sa place est dans les salons, sur les coussins moelleux ou sur les genoux des courtisanes.

Chasseur de rongeurs

Ce n’est pas le cas de tous ses ancêtres. Malgré l’intérêt qu’il suscite auprès des gens lettrés et des érudits, le chien bichon maltais n’occupe pas un rôle d’influence dans la société. Il vit dans les ports ou les villes maritimes de la Méditerranée central. Ce n’est pas un doux compagnon chéri par les nobles dames, mais un excellent chasseur de rats et de souris. Les cales des bateaux et les commerces situés aux alentours pullulent de rongeurs. Il faut à tout prix un chasseur efficace. On craint l’invasion de ces « nuisibles », et c’est en partie le bichon maltais blanc qui va accomplir la tâche. Il assure. On croit aisément que ce bout de chien est, comme son nom l’indique, originaire de l’île de Malte. Il est plus exact de dire que la race bichon maltais vivait spécifiquement dans les régions portuaires de la Méditerranée. On se réfère alors à l’adjectif maltais, qui provient du mot sémite malat. La signification n’est autre que : refuge ou port. Cette racine se retrouve dans toute une série de noms attribués aux lieux maritimes. Elle est présente dans le nom de l’île adriatique de Méléda, celui de la ville sicilienne de Melita, est aussi, bien sûr, dans celui de l’île de Malte. Cette dernière est située dans un archipel conquis par les Phéniciens, au IVe siècle avant J.-C.

Voyageur au long cour

C’est dans cette île livrée aux vandales et aux Ostrogoths, puis conquise par les Arabes en 870, assaillie par les Normands en 1090, puis par les Siciliens, que la race bichon maltais s’est répandue. De là, embarqué sur les bateaux, où il est recruté comme précieux ennemi des rongeurs, le chien bichon va atteindre la Chine des et les Philippines. Mais ce voyageur au long cours va changer de cap et aussi changer de monde. Sur le continent, il est fort apprécié par les dames de haut rang. Le bichon maltais blanc, dont le portrait est brossé par d’illustres peintres, a été l’un des favoris de la cour royal d’Angleterre à l’époque élisabéthaine. Son histoire ne saurait être confondue avec celle de ses trois cousins, le bichon frisé, le bichon bolonais et le bichon havanais, dont l’origine est néanmoins est identique. On trouvera plus de détails sur l’historique de ces charmants petits chiens. On verra que chacun a son aire géographique. Chaque bichon a ses admirateurs, de très haut rang bien souvent.

Les cousins du bichon maltais

Dans la famille des bichons, on compte quatre spécimens. Outre le chien bichon maltais blanc, on rencontre le bichon frisé, le bichon bolonais, qui descend directement du maltais et le bichon havanais, issu d’un croisement entre le bolonais et le barbet.

Apparue vers le XVe siècle, cette race est issue d’un croisement entre un le chien bichon maltais blanc et un petit caniche. Le bichon frisé a inspiré Fragonard qui le représente dans son œuvre intitulée le Billet doux. Ce petit chien très gracieux, au poil tirebouchonné, semblable au pelage de la chèvre de Mongolie, qui arbore une fourrure ni plate ni ondulée, est né à l’époque de la Renaissance italienne (1400-1560). Les écrits témoignent qu’il est issu d’un croisement entre la race bichon maltais et d’autres petits chiens. Parmi ces derniers, deux sont de la même famille, c’est-à-dire des chiens d’eau : le caniche et le barbet, lequel, il faut le rappeler, était très prisé des chasseurs de bécassines et autres oiseaux des marécages et rivière. On comprend mieux l’origine du nom bichon qui vient du diminutif « barbichon » Au XVe siècle, le bichon frisé était bien connu dans le bassin méditerranéen. On le considérait alors comme une race espagnole car, amené aux îles Canaries par des marins, il fut d’emblée appelé le ténériffe, du nom de la capitale de l’archipel. Un siècle plus tard, sous le règne de François Ier, il est introduit en France. Son succès est immédiat notamment auprès des courtisanes qui raffolent de ce joli chien propre et frisotté.

Le favori d’Henri III

Le bichon frisé, entouré de délicatesse et bichonné à la cour, va jouir d’une grande vogue. Mais c’est surtout Henri III (1574-1589), qui lui manifeste une affection particulière. Le souverain est un grand admirateur de la race de chien bichon et, sous son règne, le bichon frisé trouve son apogée. Toujours au XVIe siècle, le bichon frisé est introduit en Belgique, lors de l’occupation des Flandres par les Espagnoles. Les siècles suivants, il est adulé par les Grands de ce monde. On le trouve partout dans les salons en compagnie des dames et des seigneurs du royaume. Au XVIIe siècle, ce petit chien blanc brille dans les salons littéraires. Les artistes brossent son portrait. Mme de Pompadour, qui possède plusieurs bichons frisés, prend place tout naturellement dans un tableau du peintre Frangonard (1732-1806). Puis Goya le représente dans ses œuvres. Les succès du bichon frisé est vif en Espagne, où il fait beau à la cour royale. En France, il faudra attendre la seconde moitié du XIXe siècle sous Napoléon III, pour que ce petit chien au poil blanc pur s’attire à nouveau les faveurs de l’aristocratie et redevienne à la mode. Puis au XXe siècle, il se démocratise, au point de devenir un de petits chiens de compagnie les plus populaire après le caniche. Il s’attire un vif succès, non seulement grâce à sa physionomie charmante, mais aussi parce qu’il a le caractère enjoué.

Très populaire

C’est un joli chien bien heureux de vivre. Il a conquis bon nombre de coeurs, une fois sorti de l’ombre, à la fin des années 1970. Puis il a surpris son monde lorsque l’on a découvert une facette inconnue de ce petit chien d’agrément. N’est-il pas apte à rassembler les moutons ? Un talent qu’ont décelé les bergers de Norvège. C’est par conséquent un rôle nouveau qui lui incombe : ce chien au poil frisé comme un mouton est fier de jouer les gardiens de troupeaux au sein des blancs moutons. Chez nous, on le préfère en chien de compagnie.

Le bichon bolonais

Le bichon bolonais est connu depuis fort longtemps, puisque l’on retrouve ses traces à l’époque romaine. Ses origines se confondent avec celle du chien bichon maltais blanc. Comme ce dernier, ses ancêtres figurent parmi les Canes melitenses que cite Aristote. Très prisé, ce joli compagnon est choisi comme le cadeau le plus prestigieux que peuvent se faire les plus puissants de ce monde.

Une robe blanche floconneuse

C’est en Italie qu’il s’impose et obtient un succès fulgurant. On prétend qu’il est né dans la ville de Bologne, située dans le nord de l’Italie, d’où son nom de bichon bolonais. Néanmoins, on peut également considérer que ses ancêtres sont originaires du sud de la péninsule. On a retrouvé en effet des descriptions de cette race datant du XVIIIe siècle. Pendant la Renaissance, le bolonais devient favori des Médicis et obtient la faveur des grandes familles Gonzague et d’Este. Il portait alors une robe blanche mais aussi noire, couleur qui n’est pas autorisée de nos jours. Les artistes lui accordèrent une vive attention et s’en inspirèrent dans bon nombre de tableaux. Mais après la gloire de l’engouement qu’il suscite, le bichon frisé tombe dans les oubliettes. A la fin du XVIIIe siècle, le caniche lui vola la vedette. Malgré sa réapparition en 1920, le bichon bolonais est devenu rare. Il est le moins répandu dans des quatre bichons, hormis dans son pays d’origine. Il ressemble beaucoup à la race bichon maltais. Il porte une robe floconneuse qui lui permet de supporter des températures très élevées. Il est sociable, très proche de son maître et manifeste un tempérament qui rappelle sur bien des points le chien bichon maltais blanc.

Le bichon havanais

On suppose que le bichon bolonais est à l’origine d’un autre cousin, le bichon havanais. Ce dernier provient de la région méditerranéenne occidentale, et s’est développé le long du littoral espagnol et italien. Mais pourquoi ce nom havanais ? Ce bichon aurait été introduit quelques décennies auparavant chez les Havanais, à Cuba, par l’intermédiaire des conquistadores ou des navigateurs italiens. Les débats sur l’origine du bichon havanais sont loin d’être clos. On suppute sa couleur tabac, brun-rouge, c’est-à-dire havane, aurait fait naître cette légende. C’est ce qui explique le halo très flou qui entoure la naissance du bichon havanais. Il n’est pas aisé d’avoir une opinion ferme sur le sujet puisque, par ailleurs, il est impossible de retrouver à Cuba les anciennes souches des bichons havanais, totalement disparues d’une révolution à l’autre. Si l’on croit certains documents, quelques descendants de ces chiens auraient vécu aux États-Unis, après avoir quitté l’île, ramenés par des contrebandiers. Lors de son arrivée outre-Atlantique, c’est le succès. Il devient populaire. On aime ce petit chien vigoureux, à l’allure vive et énergique.

Chien de soie de la havane

Son long poil flottant lui vaut le joli sobriquet de « chien de soie de la Havane ». Mais ce chien fétiche des riches familles de la Havane au XVIIIe siècle tombe dans l’oubli. Il faut attendre les années 1960, pour qu’il réapparaisse de Fidel Castro, en direction des États-Unis. Lui aussi, il connaît une grande popularité en Amérique du Nord. Le bichon havanais arbore une robe très longue atteignant 12 à 18 cm de longueur. Le poil est doux et plat ou bien ondulé et peut former des mèches bouclées. Le sous-poil est laineux, peu développé ou absent. On trouve deux variétés de robe chez le bichon havanais : l’une est d’un blanc pur, l’autre est fauve. Cette dernière montre différentes nuances de fauve clair à havane, dans lesquelles s’immiscent des taches. En effet, de légères charbonnures sont admises.